La chicorée à travers l’Histoire
Pendant très longtemps, la chicorée a exclusivement été utilisée pour ses propriétés médicinales. À partir du XVIe siècle, sa consommation en boisson l’a rendue progressivement connue du grand public. Elle a pris toute sa place au début des XIXe et XXe siècles.
Les propriétés médicinales de la chicorée connues depuis la nuit des temps
La chicorée est déjà connue des Égyptiens il y a 4000 ans pour ses vertus digestives et apéritives. Dans l’Antiquité grecque, de nombreux traités médicaux mentionnent son existence et les bienfaits observés par de grands noms de cette époque : les médecins Théophraste, Erasistrate, Dioscoride en sont quelques exemples. Chez les Romains, ce sont Celse, Galien et Pline l’Ancien qui en parlent, lui attribuant notamment une force régénératrice. Ainsi, on lui prête des propriétés dépuratives (pour le foie, les reins), un pouvoir laxatif mais aussi une action anti-inflammatoire.
Au Moyen Âge, elle se cultive en tant que plante médicinale. Charlemagne, vers 800, en recommande la culture dans les jardins botaniques de ses domaines par le biais du Capitulaire de Villis.
UNE CONSOMMATION DE CHICORÉE EN BOISSON À PARTIR DU XVIIe SIÈCLE
C’est vers le milieu du XVIe siècle que le médecin et botaniste Prosper Alpini remarque que le goût de la décoction de chicorée n’est pas très éloigné de celui du café.
La primeur de la fabrication industrielle de la chicorée torréfiée reviendrait aux Hollandais à la fin du XVIIe siècle, avec l’ensemble des opérations mises au point (lavage, découpage, séchage et mise à chauffer). Elle devient une boisson de consommation courante aux Pays-Bas puis progressivement en Prusse, en Belgique et en France.
Les cultures de chicorée et les usines fleurissent au XVIIIe siècle. En France, sous la Révolution, le café devenant cher, l’usage de la racine torréfiée de chicorée est prôné.
Un substitut du café qui se révèle au grand public en temps de pénurie
Le blocus continental de Napoléon en 1806 : l’essor de la chicorée
Au début du XIXe siècle, le conflit opposant la France au Royaume-Uni fait rage. Le blocus continental imposé par Napoléon en 1806 conduit à suspendre l’importation de café depuis l’Angleterre.
Contraints à se passer du café, les Français doivent donc trouver une boisson de substitution. La chicorée prend alors sa place sur les tables des foyers français, particulièrement dans le Nord. En effet, c’est dans cette région que l’on sait cultiver la racine de chicorée, là où les sols et le climat sont les plus favorables pour son développement.
La consommation dans le pays augmente même dans les décennies 1870 et 1880. Pour contenter la demande, les secteurs de culture sont élargis à la Flandre maritime, au-delà du bassin originel de production. Une économie de la chicorée voit alors le jour.
Les 2 Guerres mondiales : nouveau retour en force de la chicorée
Lors des 2 conflits mondiaux de 1914-1918 et 1939-1945, le café vient une nouvelle fois à manquer. Ces périodes accentuent la demande et, de fait, la production de chicorée.
Les surfaces de terres cultivées croissent de manière importante entre 1915 et 1917.
D’autres succédanés du café ont tenté leur chance : des glands ou de l’orge torréfiés… Pas de rivalité possible avec le goût doux-amer et légèrement sucré de la chicorée. Progressivement le café a regagné sa place mais la chicorée a conservé la sienne, notamment dans le Nord et l’Ouest de la France.
En résumé de cette chronologie, à travers les découvertes sur la chicorée au fil de l’Histoire, nous bénéficions aujourd’hui de ses bienfaits sur la santé par le biais d’une boisson savoureuse !
