LES LUTUNs : UNE ENTREPRISE FAMILIALE QUI LIE 4 GÉNÉRATIONS

De père en fille, chaque génération s’implique, et pérennise l’entreprise. Paul, entrepreneur dans l’âme passe de brasseur à sécheur de chicorée en achetant la sécherie en 1934. Louis modernise le séchoir, s’implique dans le syndicat des sécheurs et démarre l’export. Vincent réoriente l’entreprise et crée toute l’étape de torréfaction. Enfin Agnès poursuit le développement de l’export, labellise Chicorée du Nord RSE, « Entreprise du patrimoine vivant » et lance une nouvelle gamme de produits : BIO, nomades, pratiques, éco-conçus. La chicorée devient une vraie alternative santé et écologie.

L’arrière-grand-père : Paul LUTUN

En 1934, Paul Lutun achète une sécherie bâtie en 1930. Paul est brasseur mais il lance l’activité de séchage de racine de chicorée.

Les besoins en chicorée en 1911 sont importants, l’entrepreneur Alexandre HUBERT, construit une sécherie avec 12 feux à coke. Les terres sableuses et légères de notre côte facilitent l’arrachage de la fragile et longue racine de chicorée. En 1934, Paul Lutun achète cette sécherie. Paul est brasseur et se lance aussi dans l’activité de séchage de racine de chicorée.

On ne compte pas moins de 300 sécheries dans la région à cette époque. En effet, chaque grande ville du Nord possède alors sa propre marque de chicorée. Ce sont les charrettes à chevaux qui livrent les racines aux sécheries.
Cette sécherie fait partie de la douzaine de sécheries qui existaient sur la commune d’Oye-Plage, au début du 20e siècle. La production de chicorée qui se développait depuis le début du 18e siècle principalement dans la région de Valenciennes s’avance sur toute la façade côtière de la frontière belge jusque Calais et, notamment à Oye-Plage.

Le grand-père : Louis LUTUN

Louis LUTUN était un sécheur lui aussi. Audacieux, il est le premier en France à avoir implanté un modèle de séchoir industriel au fuel, de type Müger. Son système d’impulsion d’air chaud, avec inversion de trappes au bout de 12 h, permettait de ne pas avoir à retourner les cossettes. Il fallait alors 24h en tout pour sécher une fournée de cossettes sans intervention.

Le port de Gravelines, situé non loin, servait de point de départ pour les premières exportations de chicorée torréfiée. Chicorée du Nord est déjà très tôt tournée vers l’export : Portugal, Afrique du Sud, Allemagne..

Louis a donné une forte impulsion au syndicat des sécheurs de chicorée et en a été le président pendant de nombreuses années.

Le père : Vincent Lutun

En 1985, au décès prématuré de Louis, le séchoir n’a pas été assez modernisé. A 28 ans, Vincent se lance dans la torréfaction des racines de chicorée et commercialise alors l’iconique bûchette de 500 g de chicorée en grains. Ingénieux et autodidacte, il part d’une page blanche, recycle, chine et conçoit les machines et process de torréfaction, de concassage et de conditionnement qui font la qualité et la renommée de la gamme LUTUN aujourd’hui.

Le goût unique, peu amer et reconnu de la chicorée LUTUN est lié à la conception sans pareil des torréfacteurs « Made in Oye-Plage », fruit d’un travail passionné et acharné.

L’entreprise familiale, présente en France sous sa marque éponyme LUTUN, est tournée vers l’export en commercialisant ses produits aux industriels.

La chicorée en grains : bûchette de 500 g = produit emblématique de chicorée du Nord
Début des années 2000 : chicorée liquide en flacon de 250 ml

La fille : Agnès Lutun

En 2009, Agnès rejoint l’équipe puis en 2020, Agnès reprend l’entreprise en 2020 avec son mari : c’est ainsi la 4e génération de Lutun qui pérennise l’entreprise familiale.

Ensemble ils lancent BIO-LUTUN, gamme BIO et 100 % tracée Hauts-de-France pour les consommateurs français sous forme de grains, d’extraits pour la cuisine sucrée et salée et d’infusions.

Ils continuent de valoriser cette belle plante, locale, naturelle aux mille et une vertus. « Bon pour le palais, bon pour la santé, bon pour la planète » et innovent sur de nouveaux produits : les infusions de chicorée et de pissenlit ou les capsules compatibles Nespresso.

En 2023, ils obtiennent les labels « PME+ », « RSE ISO 26000 » et « EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant) »