LA CHICORÉE : CULTURE EMBLÉMATIQUE DU NORD

Le climat tempéré des Hauts-de-France est propice au bon développement des plants de chicorée. Elle représente ainsi l’une des cultures emblématiques du Nord, puisqu’on ne la trouve quasiment que sur notre région ! Voyons comment on obtient la fameuse racine qui sert de base à tous nos produits.

Variétés de chicorée

La chicorée appartient à la grande famille des Astéracées, comme les pissenlits par exemple.

De son nom latin Cichorium intybus, c’est la racine de cette variété de chicorée sauvage qui est utilisée pour son usage en boisson, d’où son appellation de « chicorée à café ». De cette espèce dérive aussi une multitude de variétés dont certaines se consomment en salades (chicorées pain de sucre, barbe de capucin, chicorées rouges italiennes…).

C’est également de Cichorium intybus qu’est issue la variété witloof qui correspond à l’endive des consommateurs (rouge ou blanche) bien connue dans notre région également. Dans la classification des chicorées, il ne faut pas confondre avec l’espèce Cichorium endivia qui se décline en salades d’hiver type scarole ou frisée… et non en endive !

Terres de culture

Les terres des Hauts-de-France représentent un terroir d’excellence pour la culture et la croissance de la chicorée. Les conditions pédoclimatiques sont réunies dans ce secteur grâce à des pluies régulières, une bonne exposition venteuse et des sols sableux ou limoneux. L’ensemble de ces ingrédients permet une irrigation efficace, une progression en profondeur des racines et un arrachage doux.

En France, on compte environ 3000 hectares plantés dans les Hauts-de-France, répartis entre le littoral, le Cambrésis/Valenciennois et la Somme. Notre région représente à elle seule la culture de la racine de chicorée en France.

Le rendement est d’environ 46 tonnes par hectare, mais ce chiffre peut varier considérablement selon les années et selon les zones de culture, du fait de la météo.

Semis et récolte au bout de 6 mois

Les semis de chicorée s’effectuent au printemps, à partir du mois de mars. Les jeunes plants de chicorée apparaissent au bout de quelques semaines et sont réputés fragiles. Le sarclage des mauvaises herbes, mais également de certains plants lorsqu’ils sont trop serrés, est une étape nécessaire. En effet, il faut laisser l’espace suffisant aux racines amenées à se développer et leur permettre de se gorger d’éléments nutritifs en profondeur.

Le cycle de végétation de 6 mois conduit à un arrachage à l’automne, durant plusieurs semaines à partir de mi-septembre jusqu’à décembre. La récolte étant concentrée sur une courte période, celle-ci se révèle intense pour les agriculteurs.

Les racines doivent être extraites proprement, c’est-à-dire avec un minimum de feuilles, car seule cette partie est travaillée et exploitée.

Nettoyage, stockage et conservation

Après avoir été arrachées, les racines sont nettoyées afin d’éliminer toute la terre.

Les circuits de nettoyage sont essentiellement composés de turbines, de rouleaux ou de tapis. Ces systèmes sont constamment étudiés de manière à obtenir une propreté satisfaisante tout en évitant au maximum de casser les racines.

L’arrachage se fait progressivement pour alimenter en flux tendu les séchoirs. Elle est déposée chez le sécheur, après arrachage, pour être rapidement prise en charge.

Vous l’aurez compris, la culture de la chicorée n’est pas un long fleuve tranquille ! Les planteurs (c’est ainsi que sont nommés les 250 agriculteurs qui la cultivent,) vous diront que pour cultiver la racine, il faut avoir l’âme d’un vrai jardinier !

Le parcours de production est encore long pour arriver au produit fini.